jeudi 19 mars 2009

Benoit XVI en perdition 19/03

Par Jean-Michel Aphatie le 19 mars 2009, 10:14 - Lien permanent


Grèves, manifestation. Défilerez-vous ou pas? Est-ce utile ou pas, de défiler? Et que dit-on, quand on défile? Marcher dans la rue permet-il juste d’exorciser l’angoisse? Ou bien espère-t-on sincèrement, réellement, changer les choses? Changer quoi? Obtenir quelque chose? Obtenir quoi?

Si vous répondez à toutes ces questions, il y aura dans l’espace de commentaires autant de messages que de manifestants dans les rues. Donc, je compte sur vous.
L’autre grand événement du jour, c’est le tsunami verbal, vague géante, déclenché par le Pape avec ses propos aériens, comprendre tenus dans un avion. Au dessus des nuages, le Pape a dit ce que les Papes répètent depuis que le sida est apparu. Et cette fois, ça ne passe pas.
Avant Benoit XVI, il y avait Jean-Paul II. Et ce n’est pas offenser la mémoire de ce dernier que d’affirmer qu’en matière de lutte contre le sida, ses idées étaient aussi délirantes que son successeur. Proposer l’abstinence comme moyen de lutte contre le sida revient à prôner le port d’un bouquet de fleurs à la place d’un fusil pour les soldats engagés sur u quelconque front de bataille. Malgré tout, Jean-Paul II savait et pouvait gérer cette incongruité. Une fibre politique naturelle le protégeait et il parvenait grâce à elle à tempérer l’expression de ses insupportables idées en la matière. Et puis, Jean-Paul II demeurait auréolé de son combat contre le communisme, ce qui lui conférait une incontestable modernité, paravent des vieilleries de sa pensée.
Incontestablement, Benoit XVI ne bénéficie pas d’un tel bouclier. Théologien jusqu’au bout des ongles, il parait totalement démuni de la perception du supportable et de l’insupportable. On est confondu de comprendre que les questions posées dans ce fichu avion ont été sélectionnées et que donc les réponses ont été mûrement réfléchies. Autrement dit, il n’y a dans l’expression papale ni erreur, ni mauvaise formulation, ni même maladresse sous l’effet d’une surprise. Nous sommes à l’inverse devant l’expression d’une position pensée et soupesée, censée exprimer pour longtemps la ligne politique du Vatican.
Eh bien, la ligne est mondialement enfoncée. Hormis Christine Boutin, personne ne soutient le Pape. Du coup, pulvérisée l’infaillibilité papale. Le Pape a dit une énorme bêtise, et personne ne se gène pour le lui signifier. Voilà comment, en quelques heures, la papauté s’est sécularisée. Plus rien ne sera comme avant pour elle. Si elle veut continuer à représenter les populations catholiques à travers le monde, elle devra davantage tenir compte de l’évolution des sociétés et de leurs moeurs. Faute de quoi, le catholicisme s’étiolera. Souhaitons que celui qui se prépare à la succession derrière les hauts murs du Vatican aura perçu clairement le message.

Source: blogs.rtl.fr

1 commentaire:

  1. Le rôle de l'Eglise et du Pape n'est pas de s'adapter au Monde et de séduire le plus grand nombre pour garder un "pouvoir" Jésus Christ a dit que son royaume n'était pas de ce monde et de porter la Vérité, il a accepté de mourir.
    En ce qui concerne le sida et les relations sexuelles, il n'ya aucune grande spiritualité dans le monde qui cuntredirait ce qu'a dit le Pape. Son rôle est un rôle de guide. Il n'est pas un homme politique prêt à n'importe quoi pour garder le pouvoir. Ce qu'il énonce n'est pas le résultat d'une "politique personnelle" mais d'une réflexion collégiale de toute l'Eglise à la lumière de l'évangile, et sous la guidance de l'Esprit de DIEU.

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