dimanche 30 mai 2010

Le Bangladesh bloque l'accès à Facebook en raison de caricatures du prophète Mahomet

Le Bangladesh est devenu le deuxième pays d'Asie du Sud, après le Pakistan, à bloquer l'accès au site Facebook en raison d'une page invitant les lecteurs à dessiner des représentations du prophète Mahomet.

Zia Ahmed, responsable de la régulation des télécommunications, a déclaré dimanche que l'accès au site avait été temporairement bloqué parce qu'il publiait des caricatures qui pourraient blesser les sentiments religieux de certaines personnes dans cette nation à majorité musulmane.


Il a précisé que le gouvernement avait demandé aux fournisseurs de services Internet locaux de bloquer le contenu du site tant que les éléments incriminés ne seront pas retirés.

Les musulmans considèrent que les représentations du prophète, même favorables, sont blasphématoires.

Plusieurs milliers de musulmans ont manifesté vendredi à Dhaka, la capitale, contre ce qu'ils ont appelé "le contenu blasphématoire" de Facebook à cause d'une page encourageant les usagers à diffuser des images du prophète. Dans ce pays de 150 millions d'habitants, près d'un million de personnes seraient des usagers de Facebook. AP

samedi 22 mai 2010

samedi 15 mai 2010

L'avortement et le mariage gay sont 'les défis les plus dangereux' pour Benoît XVI

LeMonde.fr avec AFP

Le pape Benoît XVI a affirmé, jeudi 13 mai, que l'avortement et le mariage homosexuel étaient parmi "les défis les plus insidieux et les plus dangereux" d'aujourd'hui. "Les initiatives qui ont pour but de sauvegarder les valeurs essentielles et premières de la vie, dès sa conception, et de la famille, fondée sur le mariage indissoluble entre un homme et une femme, aident à répondre à certains des défis les plus insidieux et les plus dangereux qui, aujourd'hui, s'opposent au bien commun", a déclaré le pape. Benoît XVI s'exprimait devant les représentants des principales organisations sociales, catholiques ou non, du Portugal, qui, debout, l'ont ovationné.

Après avoir légalisé en 2007 l'avortement après un référendum, le Portugal, pays de forte tradition catholique, s'apprête à autoriser le mariage homosexuel sans toutefois permettre aux couples mariés de même sexe d'adopter. Votée en février par la majorité de gauche du Parlement, la loi sur le mariage gay doit être promulguée par le chef de l'Etat avant le 17 mai, selon les délais légaux, soit trois jours seulement après la fin de la visite du souverain pontife au Portugal.


Catholique pratiquant, le président Anibal Cavaco Silva a la possibilité d'opposer son veto au texte, ce qui obligerait à un second vote, d'ores et déjà acquis, de l'Assemblée et qui serait cette fois définitif. Contrairement à l'Espagne, où le clergé s'était fortement mobilisé contre le mariage homosexuel, autorisé depuis 2005, au Portugal, l'Eglise catholique est restée en retrait tout au long du débat, qualifié la semaine dernière de "détail dans la vie de la nation" par le cardinal José Policarpo, archevêque de Lisbonne.

LE VATICAN ESTIME QUE LE PAPE N'EST PAS AFFAIBLI

Par ailleurs, le Vatican s'est félicité du succès de la visite de Benoît XVI au Portugal. Selon le porte-parole du Vatican, le Père Federico Lombardi, ce succès montre que le "scandale" de la pédophilie n'a pas "affaibli" Benoît XVI. Selon lui, "cinq cent mille personnes" ont assisté à la messe papale. "Alors qu'on pouvait penser que le scandale des abus pourrait affaiblir la vitalité et l'attention envers le pape, il n'en est rien", a estimé le Père Lombardi. "Le fait que se manifeste de façon aussi évidente la force de la foi est très encourageant", a-t-il ajouté, alors que l'Eglise catholique est dans la tourmente depuis le début, en novembre, de la vague de révélations sur des affaires de pédophilie impliquant des membres du clergé, et sur l'omerta de la hiérarchie.

Dans l'avion qui l'emmenait au Portugal, mardi 11 mai, le pape avait tenu à expliquer que la plus grande souffrance de l'Eglise était son "péché". "Nous l'avons toujours su, mais nous voyons aujourd'hui de façon beaucoup plus terrifiante que la plus grande persécution de l'Eglise ne vient pas d'ennemis extérieurs mais naît du péché de l'Eglise", avait affirmé le pape dans l'avion qui le conduisait au Portugal "Les attaques contre l'Eglise et le pape ne viennent pas seulement de l'extérieur, les souffrances viennent de l'intérieur de l'Eglise, du péché qui existe dans l'Eglise", avait souligné le pape devant la presse.

vendredi 7 mai 2010

Zeina enlève son niqab: "L'Islam a été un prétexte pour la battre, l'humilier et la soumettre"

LePost

Zeina* est une jeune femme musulmane qui a porté le voile intégral sous la contrainte de son mari. "Sous le prétexte de l'Islam, il l'a battu, humiliée et soumise", raconte Djénane Kareh Tager, la journaliste qui a recueilli le témoignage de la jeune femme.

Zeina vit aujourd'hui libre, même si elle préfère garder l'anonymat. La jeune femme a réussi s'enfuir de chez elle. Elle raconte son histoire dans un livre, Sous mon niqab (Editions Plon).


Au départ, rien ne laissait présager un tel calvaire pour la jeune femme: Zeina fait un "mariage d'amour, avec le prince charmant".

Mais très vite, il va la contraindre à se voiler. Elle est obligée de quitter son travail et elle ne fait plus les courses. Seule la sortie de l'école lui est autorisée.

Et puis, il y aura de nombreuses violences.

C'est presque par hasard que Zeina va s'en sortir. Un jour sa voisine va la croiser le visage découvert. "J'avais un oeil au beurre noir qui était pratiquement fermé, j'avais une blessure sur la joue droite qui n'était pas encore sèche", explique Zeina. Sa voisine lui alors donné le nom d'une association, où elle s'est rendue.


Aujourd'hui, Zeina a porté plainte contre son mari, elle a demandé le divorce et elle a retiré son niqab.

"C'était super bizarre, je sentais enfin la chaleur sur mon visage, c'était apaisant et agréable, mais j'en ai pas de suite profité", raconte la jeune femme.

Sur Le Post, Djénane Kareh Tager, la journaliste qui a écrit l'histoire de Zeina, grâce à des entretiens, raconte explique comment Zeina en est arrivée là.


Comment avez-vous rencontré Zeina?

"C'était au moment du débat autour de la mission parlementaire sur la burqa. Je cherchais un témoignage pour un quotidien. Grâce à mes contacts, je suis tombé sur Zeina. Ça n'a pas été facile de rentrer en contact avec elle. Je lui ai envoyé 150 SMS dans un week-end et je crois qu'elle a eu pitié de moi, elle m'a répondu. Par la suite, un éditeur nous a proposé, qui avait lu son témoignage, nous a proposé d'en faire un livre.

En plein débat sur la burqa, votre livre ne risque-t-il pas d'alimenter la polémique?

"Avant de faire ce livre, j'étais moi-même favorable à une loi interdisant la burqa. Zeina était contre et elle m'a convaincue. Si on l'interdit, les femmes qui portent la burqa seront punis deux fois. Par la loi et par leur mari. Elles ne pourront plus sortir. Et Zeina m'a expliqué combien la sortie pour aller chercher son enfant à l'école était fondamentale. C'était sa bouffée d'oxygène".

Ne pensez-vous pas qu'un tel livre nuise à l'image de l'Islam?

"Elle avait peur que ça alimente un anti-islamisme. Ce n'est pas du tout sa démarche. Elle a fait un livre pour défendre l'Islam. Et ce qu'elle voulait, c'est éveiller ce qu'elle appelle les 'voisines'. Toutes ces femmes qui cotoient des femmes qui portent la burqa, il faut les éveiller, leur dire qu'il faut leur parler. C'est ce qu'a fait la voisine de Zeina en lui parlant de violences conjugales et de droits fondamentaux."

Comment expliquez-vous qu'elle ait subi autant de violences en se taisant?

"Elle était persuadée d'avoir fait une faute, que son mari la mettait sur le droit chemin. Elle a accepté ces douleurs physiques et ces humiliations car elle ne savait pas que c'était condamné dans notre pays. C'est ce qui est grave. Zeina a été à l'école en France, l'école républicaine. Et pourtant, elle ignorait ses droits fondamentaux, elle ne savaient pas que les violences conjugales sont punies par la loi... Elle se disait que c'était pour son bien, que ça lui permettrait de ne pas aller en enfer, ce que son mari lui racontait. Ça, ce n'est pas l'Islam, c'est de l'islamisme."

Zeina reste malgré tout croyante?

"Zeina est profondément croyante, elle est musulmane. Actuellement, elle apprend sa religion, pas ce qu'on lui a fait croire jusque là. Son livre n'était pas contre l'Islam mais contre les extrémismes. Contre ceux qui prennent le prétexte d'une religion pour restreindre les libertés et prétendre détenir 'la' vérité."

Comment va Zeina aujourd'hui?

"Elle se reconstruit. Elle y arrive malgré les menaces et la peur qui continuent à l'accompagner. Elle a un travail, un appartement. Elle essaie de vivre normalement."