mardi 14 avril 2009

Monde musulman: évolution et religion en compétition dans les lycées

NOUVELOBS.COM

Une étude sans précédent a été menée auprès de 3.800 lycéens en Inde et au Pakistan afin de mieux connaître leur perception de la théorie de l’évolution.

Cette enquête de trois ans, coordonnée par l’Université canadienne McGill de Montréal, montre que les élèves ont une bonne connaissance de cette théorie scientifique mais que les messages délivrés par les enseignants ne sont pas toujours cohérents.

D’après les résultats de cette enquête, présentée fin mars lors d’un symposium organisé par l’université McGill, la majorité des lycéens pakistanais et indonésiens pensent que l’évolution est basée sur des preuves solides. 85% sont d’accord avec le fait que les fossiles démontrent que la vie a évolué depuis des milliards d’années.Cependant les réponses sont plus mitigées lorsqu’il est question de l’évolution de l’Homme, rapporte le site de la revue Nature. 80% des lycéens pakistanais et 49% des lycéens indonésiens interrogés pensent que les premiers humains ont été créés par Dieu et qu’ils avaient la même forme qu’aujourd’hui.Il ressort des entretiens avec les enseignants que la plupart ont une compréhension assez floue de la théorie de l’évolution, qu’ils ne l’acceptent pas telle quelle et qu’ils mélangent des explications religieuses à leur cours. Pourtant la communauté scientifique de ces deux pays, via leurs académies, a demandé en 2006 que la théorie de l’évolution soit enseignée aux enfants.En Indonésie, certains professeurs utilisent les ouvrages signés par le créationniste turc Harun Yahya –Adnan Oktar de son vrai nom. A la tête d’un puissant lobby anti-darwinien, Yahya avait même diffusé en France son Atlas de la Création, envoyant des centaines d’exemplaires dans les écoles et les bibliothèques.Le mois dernier c’est la revue scientifique turque de premier plan Science et technique qui a fait les frais de l’offensive anti-darwinienne. Cette publication du Tübitak, le Conseil de la recherche scientifique et technologique, avait prévu un dossier de couverture sur Charles Darwin à l’occasion du bicentenaire de sa naissance. Cependant depuis l’année dernière cette institution scientifique a été placée sous l’autorité du Ministre d’Etat en charge des affaires religieuses, Mehmet Aydin. Le dossier sur Darwin a été censuré et la rédactrice en chef a été remerciée, provoquant un tollé dans le monde universitaire turc et les opposants au gouvernement.

C.D.
Sciences-et-Avenir.com

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