samedi 26 septembre 2009

Mgr Williamson au centre d'une nouvelle polémique au Vatican


La levée de l'excommunication de l'évêque traditionaliste britannique Richard Williamson en janvier est au centre d'une polémique publique quasiment inédite entre des responsables du Vatican.

Ce différend concerne la manière dont le pape Benoît XVI a finalement été informé du fait que Mgr Williamson défendait des thèses révisionnistes.


Dans un entretien enregistré en novembre 2008 par la télévision suédoise mais seulement diffusé au mois de janvier, le prélat britannique affirmait ne pas croire qu'il "y ait eu de chambres à gaz" et soutenait que seulement 300.000 juifs ont été tués par les nazis et non six millions comme l'affirment la majorité des historiens.

Le Vatican soutient ne pas avoir été informé des propos de Williamson avant que Benoît XVI lève son excommunication et celle de trois autres évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.


Mercredi, le site internet du diocèse de Stockholm affirmait que l'évêque Anders Arborelius et le nonce apostolique (ambassadeur du Vatican) en Suède avaient, dès novembre 2008, alerté des responsables du Saint-Siège sur les positions de Richard Williamson.

Cette affirmation a été immédiatement démentie par le cardinal Dario Castrillon Hoyos dans une interview publiée par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

"Aucun d'entre nous n'était au courant des déclarations de l'évêque Williamson. Aucun d'entre nous, et personne n'avait la possibilité de savoir", dit-il.


DÉCLARATIONS "DOUTEUSES"

Apparemment, le cardinal faisait référence à la commission pontificale qu'il a dirigée jusqu'à juillet dernier, "Ecclesia Dei", créée en 1988 afin d'opérer un rapprochement avec les communautés catholiques traditionalistes.

Utilisant des mots rarement employés en public par des dignitaires de l'Eglise catholique, Mgr Castrillon Hoyos estime que les déclarations de l'évêque Arborelius sont "douteuses" et "fausses".

"L'évêque Arborelius doit dire comment, à qui et quand il a communiqué cela, et si cela a été fait par écrit ou oralement", ajoute-t-il.

Le cardinal s'en prend à d'autres services du Vatican dont les membres auraient pu avoir connaissance des antécédents de Williamson.

Mgr Castrillon Hoyos affirme qu'il n'a pas "à juger un autre frère évêque", précisant que cela est la mission de deux autres organismes du Saint-Siège, ceux en charge de la nomination des évêques et des questions doctrinales.

Le cardinal ajoute qu'aucun autre département du Vatican n'a informé ses services de "quoi que ce soit" concernant la position de Williamson sur la Shoah avant le 5 février, une semaine après la diffusion de l'interview du religieux britannique.

Il estime que le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, s'est livré à "une déclaration audacieuse" en affirmant à un journal français en février que Mgr Castrillon Hoyos aurait dû être au courant pour Williamson.

Le pape a déchargé Mgr Castrillon Hoyos de ses fonctions en juin et placé sa commission sous le contrôle de la Congrégation pour la doctrine de la foi, que Benoît XVI dirigeait avant son élection à la chaire de Pierre.

source: reuters.com/

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