mardi 7 juillet 2009

Science et Religion font-elles bon ménage?

De nos jours, il est commun d’entendre des athées ergotter l’idée que la science a tué Dieu, que la démonstration de sa non-existence est un fait avéré. On pense notamment à un certain nombre de tenants d’un matérialisme des plus radicaux en matière d’évolution.

Pourtant, force est de constater qu’à priori ces deux disciplines n’ont pas vraiment le même sujet. Alors que la Religion se penche sur la question de l’origine, la finalité de l’existence et les notions de Bien et de Mal, la science, elle, a pour objet le « comment ça marche» . Certes, elle a réussi à remonter très loin dans le temps, jusque dans les instants précédents le big bang, mais ni la question de l’Alpha ni celle de l’Oméga ne sont de sa portée. Un éventuel big crunch ne peut être démontré comme étant la fin des fins.

La science se caractérise par une méthodologie purement matérialiste, à savoir qu’on considère la réalité comme construite uniquement de matière. Ce qui sort de ce cadre n’est pas de l’ordre de l’étude scientifique mais plutôt de la philosophie. Ceci étant dit, bon nombre de nouvelles découvertes scientifiques nous ouvrent la voie de la connaissance à de nouvelles composantes qui jusqu’alors échappaient totalement à notre perception.

De l’autre côté, la religion, elle, se base sur une Révélation. Puique cela nous est révélé, c’est bien que, pour le moment, ce n’est pas dans le champ des perceptions matérialistes. Ce qui ne veut pas dire que cela reste indéfiniment comme tel, simplement qu’une réalité autre (pour le moment) existe. Il n’est pas exclu qu’un jour on puisse développer des instruments scientifiques capables d’appréhender cette autre dimension. Pour autant qu’elle existe bien entendu.

Ceci dit, il n’y a aucune raison de douter plus de la seconde que de la première et vice-versa. Autant l’état actuel des connaissances nous met dans l’impossibilité de nier d’autres dimensions plus spirituelles, autant les Ecritures ne condamnent pas la recherche scientifique (c’est même plutôt l’inverse). Les deux semblent couvrir des domaines radicalement différents et se devraient donc d’être humbles avec ce qui dépasse leurs compétences. Manifestement ce n’est malheureusement pas le cas.

On a d’un côté les tenants d’un matérialisme philosophique qui jurent dur comme fer que rien n’existe en dehors de la matière. Ce qui n’est en aucun cas une attitude scientifique. Comme on l’a déjà vu, la science se base sur une méthodologie matérialiste et non sur une philosophie du même genre. Sans quoi, hormis les marxistes et quelques autres illuminés, personne n’aurait pu faire de l’observation scientifique et surtout pas les chrétiens, musulmans et autres juifs. Ce qu’ils ont fait et font malgré tout avec des résultats variables à travers les âges et les endroits. Bien entendu cette erreur du camp scientifique a sa contrepartie.

Chez les religieux, on trouve également toute une frange de gens qui rejettent en bloc les apports scientifiques qu’ils jugent non conformes à l’Ecriture révélée. Peut-être seraient-ils bien inspirés d’être également un peu plus modestes et d’avouer que ce n’est pas parce qu’eux estiment la Révélation et les découvertes scientifiques comme contradictoires que c’est réellement le cas. Car il faut bien comprendre que si Dieu il y a, il a fallu qu’il explique dans la Genèse à des fidèles de tout temps et de tout endroit, dotés de connaissances plus ou moins développées comment il a créé le monde. Une lecture littérale de ces passages ne peut donc être automatiquement jugée comme juste, et autant la voie biblique peut s’avérer pertinente pour comprendre le monde, autant la connaissance du monde peut éclairer l’Ecriture. Peut-être n’est ce d’ailleurs qu’une question de temps pour qu’on dispose des clés de lecture nécessaires à une harmonisation de la Révélation avec les découvertes scientifiques.

Ces considérations suffisent à d’aucuns, pas très chauds à une certaine conflictualité pour clamer que religion et science peuvent marcher main dans la main ou plutôt chacun de son côté. Ceci étant dit, d’autres (dont je fais partie) ont beaucoup de peine à imaginer un Dieu bon qui crée et va ensuite aux champignons sans s’occuper de son oeuvre, la remodeler, y intervenir sans cesse. Forcer la barrière du champ couvert par l’expérimentation scientifique. Si c’est le cas, un constat s’impose: avec la méthodes actuelle on va stagner, certaines choses pourtant saisissables échapperont malheureusement indéfiniment à notre compréhension.

Si un fou n’avait pas lancé un beau jour que « la terre est ronde» , on en serait encore à faire des hypothèses sur où tombe l’eau une fois l’horizon atteint. L’hypothèse du Dessein Intelligent s’inscrit dans sa plus pure filiation. Une idée incroyable qui ne plaît pas à tous tant les bouleversements sociétaux qui en découleraient seraient immenses. Certains rapports de force risquent d’être totalement renversés et des positions dominantes de voler en éclat. On comprend dès lors les réticences, les objections qui se multiplient. Pourtant l’Intelligent Design n’a pas d’autre objectif que de faire avancer la connaissance en démontrant l’impasse dans laquelle nous nous trouvons et en ouvrant de nouvelles pistes de réflexion. Histoire d’orienter autrement la recherche.

Pour se faire, le paradigme ancien doit tomber ou plutôt être complété, réajusté. C’est d’ailleurs là le lot de chacun des paradigmes qui se sont succédés jusqu’à nos jours, la manière dont le monde scientifique avance à petit pas.

La guerre est donc déclarée non pas à la science comme certains malhonnêtes ou ignorants le prétendent, mais bien à la philosophie matérialiste…

source: suissnet.info

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